Cha-am

Pour une transition reposante avant de repartir, nous élisons domicile dans un « resort » luxueux avec grande piscine et accès direct à la plage. Toute la côte est couverte de ces hôtels et de grandes copropriétés pour les week-ends des bangkokois.

Là nous ne faisons rien, ou presque… Un peu les foldingues à la plage…

Levés tôt pour sunrise sur la mer (pas tous les jours…). Au loin l’alignement régulier des lumières vertes des pêcheurs de calmars qui ne franchissent pas la limite des eaux territoriales autorisées pour la pêche (on ne plaisante pas avec la loi en Thaïlande) et partent dès que le jour se lève.

20170216_12441520170216_12265020170216_12463120170216_12525020170216_12513120170216_124728

Un tour à Cha-am pour déguster grosses crevettes, rock lobster (ça ressemble à des petites cigales de mer) et crabes bleus, sur le port, grillés au feu de bois directement chez le pêcheur en lui montrant notre choix dans son vivier… fabuleux !

Ce bateau a déchargé des caisses pendant tout le temps de notre présence et a rempli deux camions frigo ! Les eaux doivent être riches !

dsc_0843

 

Un tour à Hua Hin, grosse ville toute en longueur, traversée par une RN à 2×3 voies avec des rues en peigne qui donnent parfois sur la mer (plage pleine touristes farangs), mais le plus souvent dans des hôtels qui squattent le littoral  (pas de domaine public maritime accessible ici). Globalement, c’est moche et sans goût, sans même parler d’urbanisme… On rentre à l’hôtel !

Une pause dans une improbable Venise en carton-pâte complètement kitsch dont nous partons bien vite (après avoir fait un peu les cons)…  On rentre à l’hôtel…

 

Pour ne rien faire et regarder le soleil…

Des vacances quoi !

Phetchaburi

De retour en Thaïlande, vol Phnom Penh – Bangkok,  puis métro vers la gare avec l’aisance des habitués, train pour Phetchaburi (150km de Bangkok) pour une petite dose de campagne et de plage après toutes ces grandes villes.

A Petchaburi l’objectif était de prendre cette photo :

dsc_0488

En fait nous avons découvert une paisible petite ville de province au climat délicat où le roi Rama IV (de son vrai nom Mongkut, ca ne s’invente pas…) a fait construire au XIXe une résidence secondaire. L’emplacement sur la colline permettait au roi d’assouvir sa passion pour l’astronomie.

Nous louons une moto, allons donc visiter la grotte-temple et y retrouvons de nombreux singes malicieux.

dsc_0502

La lumière tombe sur la première grotte du site depuis un trou en forme coeur. Il y a trois grottes dans le site spectaculaire qui est un des plus impressionnant sanctuaire troglodytique de Thaïlande.

 

Nous visitons la colline – parc historique de Phra Nakhon Khiri, avec plusieurs temples, la residence secondaire du roi et un stuppa géant. Toutes les allées sont bordées de frangipaniers en fleurs et le spectacle est magnifique ! En plus d’une vie de miel, notre chemin est tapissé de fleurs…

20170215_16412020170215_163937dsc_0542

 

Puis nous nous perdons dans les rues de Phetchaburi et découvrons la ville et ses anciennes maisons en bois de l’époque où elle était une plate-forme commerciale entre la Birmanie et Ayutthaya. En sirotant une petite bière dans notre guesthouse JJ Home, je pense qu’en rentrant, je mettrais des clauses dans les marchés pour avoir des beaux camions comme ça sur les chantiers…

 

Le soir, coup de chance incroyable, nous tombons sur un festival annuel avec éclairage de toute la colline. Musiciens, danseurs, théâtre, peintres et artistes de tout poils envahissent les lieux avec des milliers de thaïlandais en famille, en bande de jeunes et beaucoup en couple (c’est la St Valentin). Une ambiance magique par les incroyables éclairages, mais surtout par la joie, la paix et la bonne humeur de tous. Tout en douceur. Pas un mot plus haut que l’autre. Pas une altercation. Aucun signe d’un quelconque énervement. Pas un mec bourré.  Nous sommes à peu près les seuls farangs et les thaïlandais semblent ravis que nous soyons là et fier de montrer l’extrême qualite de leur art : des hellos fusent de partout, des sourires illuminent tous les visages, on nous offre un ananas… Maintenant on sait ce qu’est l’accueil au pays du sourire !  Un grand moment d’exception !

dsc_0696

dsc_0670

20170215_07220220170215_175219

Et nous escaladons à nouveau la colline avec la foule.

dsc_0656

 

Le lendemain, le coeur encore tout chaud de cette ambiance magique, nous allons traîner en ville et visitons quelques temples.

Trouve C6PO dans le premier… le Wat Mahathat Worawihan.

Le Wat Mahatard

Celui du Bouddha d’émeraude

Et ce temple encore en travaux et qui rappelle le temple blanc de Chiang Rai

Puis nous prenons le train dans l’après midi pour rejoindre la station balnéaire voisine de Hua Hin mais en moins bourgeois, Cha-am.

Phnom Penh

Voyage en bus de Siem Reap à Phnom Penh, qui prendra finalement la journée, entre les tournées pour récupérer les voyageurs chez eux, les bouchons, la longue pause du midi parce que certains sont allés au restau tranquillement  (alors qu’on a mangé quelques fruits en ne quittant pas le bus des yeux de peur qu’il se sauve sans nous…) et la nonchalance générale… On arrive au coucher du soleil (on a quitté l’hôtel à 8h30 le matin) pour 320km… Mais c’est aussi le charme de vivre l’instant présent…

On va se balader en ville où on retrouve notre pote le Mékong ! et la pleine lune… Et Jean-Benoit un expatrié congolais qui vit ici depuis 20ans et qui nous raconte sa vie au Cambodge le temps de quelques bières….

dsc_0329

dsc_0339

 

On a pris un hôtel de charme noyé dans les arbres au milieu d’un paté de maison étonnamment calme pour un centre ville aussi agité que celui de Phnom Penh. On vous le recommande « Mystères & Mékong », aussi pour Jean-Luc, son patron bavard qui nous expliquera beaucoup de choses sur la gestion des affaires au Cambodge, le management, la manière dont le pays se relève des massacres humains et économiques.

 

Ce jour nous allons prendre notre part de mémoire collective à porter, en visitant le musée du génocide,  l’ancienne prison S-21 où 12 à 20 000 personnes ont été torturées et éliminées. Plombant !

20170212_180035

Pas besoin du panneau, l’atmosphère est au recueillement respectueux.

 

Nous apprenons beaucoup sur l’histoire du Cambodge qui n’a vraiment connu de prestige qu’à l’époque de l’empire Khmer (IXe XIVe S) : invasion du Siam qui rase Angkor et déporte toute la population en esclavage, invasion du Vietnam poussé par les chinois, de la France pendant un siècle (indépendance chèrement conquise en 1953), les bombardements américains (il y a encore des milliers d’habitants qui se font sauter aujourd’hui sur les mines),  les khmers rouges en 1975 (des millions de morts et une destruction systématique de la volonté d’être intellectuel encore présente dans le pays), puis encore l’invasion du Vietnam… et le jeu trouble des occidentaux. La constitution actuelle date de 1993.

La corruption dirige entièrement le pays à tous les niveaux, et ça s’apprend à l’école où il suffit de glisser un billet dans sa copie pour avoir une bonne note, puis un diplôme sans avoir acquis les compétences… Il va falloir du temps …

 

Pour nous changer les idées,  un tour au marché très animé et une balade en ville en tuk-tuk de course… Ça construit de partout dans ce pays à 8% de croissance et les investisseurs ont retrouvé le chemin du dynamisme économique. Il va falloir du temps, mais ça frémit…

20170212_18024920170212_18073420170212_180346

 

Et des quais du fleuve aux beaux appartements qui montrent que de la richesse est là.

Et on trouve même du street-art dans une ruelle !

 

Nous ne manquons pas la tournée au palais royal pas très luxueux ni entretenu… Mais la jeunesse joue au foot devant les grilles.

 

Et nous allons voir au superbe musée national les originaux des copies ou des absences vues à Angkor.

Dont le fameux roi lépreux absent de la terrasse du même nom…

Et ces gardiens de Benteay Srei (je remets la photo de la copie sur site) ou le Vishnu d’Angkor Wat.

dsc_0461

Nous repartons en Thaïlande lundi, direction les plages du sud, pour notre dernière semaine.

 

 

Angkor (et fin)

Las des vieilles pierres nous allons faire un tour au lac de Tonlé Sap, le plus grand lac d’Asie du sud-est, bas en ce moment, mais qui multiplie sa superficie par 4 et sa profondeur par 10 au gré des moussons ou des crues du Mékong au niveau plus élevé, qui inversent l’écoulement de la rivière Tonlé Sap pour remplir le lac par l’aval ! Cette véritable mer intérieure, qui inonde les forêts et les champs, est l’une des plus poissonneuses au monde et les terres parmi les plus fertiles.

La route d’accès à Chong Khneas est bordée de fermes de lotus (les boutons sont utilisés en offrande dans les temples et les graines se mangent) et de rizières. Plus on s’approche du lac, plus la route est en remblais et les maisons sur des pilotis de plus de 6m.

Un petit port est modelé en remblais dans les terres (le niveau de l’eau monte de plus de 6m après la mousson) et un chenal même au lac niveau bas. Sa berge sert de boutiques pour les habitants du village flottant qui y revendent leurs productions (principalement issues de la pêche).  Lorsque le niveau est plus haut les boutiques se déplacent vers le port où des remblais sont prévus pour elles. Ces gros terrassements semblent la seule chose qui ne relève pas de la précarité….

Quand on a vu « cité lacustre, village flottant » notre imaginaire ne nous avait pas préparé à ce village de Chong Khneas …

Des maisons reliées entre elles par des cordes (on ne peut pas y aller en bateau à moteur), pas de pontons et tous les déplacements se font en bateau, pour aller à l’école  (nous passons à la sortie des classes et le ramassage des gamins est organisé), au marché ou chez le voisin.

On va boire une bière et manger quelques crevettes (il y a des fermes d’élevage dans le lac) dans un des bistrots-boutiques à touristes avec terrasses à photo de coucher de soleil. C’est aussi crasseux et miséreux  que dehors et quelques crocodiles croupissent dans un enclos plein d’ordures… mais nous nous prêtons au jeu en restant légers mais un peu plombés quand même.

Nous discutons longuement avec le patron du bateau qui reste jovial et rigolard en racontant sa vie à 40$/mois, tout en formant son gamin (12-13 ans) au pilotage du bateau qui nous ramène au port. Au Cambodge on trouve toujours une magouille ou un truc pour finir le mois, alors pourquoi s’en faire !

dsc_0220

 

Le lendemain nous renouons avec les vieilles pierres vers le groupe de Roluos à l’Est de Siem Reap.

Le premier temple, Lolei, est en travaux mais la pagode voisine aux couleurs vives et le village d’accueil des orphelins attenant ne manquent pas d’intérêt : inauguration d’une nouvelle école,  classes avec des cours d’anglais, promotion de l’assoce qui gère et partage les revenus agricoles, jeune moine prof d’informatique qui se réjouit de sa nouvelle école et des stylos et blocs qu’on lui laisse, et placard plein d’ossements humains dans un coin du temple… on est au Cambodge… et la fin de la guerre c’était il y a tout juste 20ans…

dsc_0271

 

Le temple de Bakong nous ramène en arrière dans le temps…

20170210_150753

Mais une pagode récente et un monastère assurent l’intemporalité…

dsc_0306

dsc_0302

Un petit dernier pour la route, le Preah Kô

 

D’ailleurs,  en parlant de route, ceux qui conduisent ici dans cet incroyable bordel joyeux sans jamais un mot plus haut que l’autre,  ne craignent plus rien ! Mais ça passe…

Demain nous partons pour Phnom Penh et laissons Angkor dans nos mémoires imprimées à jamais de ces tours à visages, de ces racines qui enlacent les pierres et de ces gracieuses Apsaras.

Angkor (et encore)

Troisième jour : on a gardé le meilleur pour la fin : Angkor Wat et Angkor Thom.

Aujourd’hui départ à 5h pour Angkor Wat prendre LA photo du lever du soleil….

dsc_0883

De bonne heure pour éviter la foule qu’ils disaient dans le guide que nous devions être au moins 3 ou 4000 à avoir lu… mais c’est dans la boite ! Les levers du jour, puis du soleil ! Vive ce blog qui m’oblige à être synthétique et à choisir dans le tas de photos (6000 depuis le début des vacances, et au moins 200 hier !)

Puis visite d’Angkor Wat, assez mastoc, mais bien conservé en raison de son occupation permanente même après la chute de l’empire Khmer au XIVe S.

Le clou de la visite ce sont les bas-reliefs sculptés dans la galaxie extérieure : impressionnants !

Encore une petite avec reflets…. en sortant…

20170208_083312

 

Puis en route pour la cité d’Angkor Thom composée des temples Bayon (une splendeur, notre préféré sans doute), Baphuon (un peu mastoc), Phimeanakas… deux belles terrasses où on s’imagine roi Khmer entouré de sa cour regardant le défilé des éléphants et de l’armée sous les clameurs de foule en liesse …

dsc_1002

Le Bayon, joyau d’Angkor Thom, avec ses tours à visages qui font partie de l’inconscient collectif (on a tous déjà vu cette image).

dsc_0003

PS : ce qui confirme les observations réalisées dès le début : les khmers ne connaissaient pas la clé de voûte !  Tout est bâti en encorbellement. Faut maîtriser son théorème sur le polygone de sustentation… Nous remarquons aussi que les blocs ne sont pas assemblés au mortier, mais posés, frottés entre eux pour les user et obtenir un assemblage parfait. Et ils ont construit Angkor Wat en 30 ou 40 ans, alors qu’à la même époque il a fallu plus d’un siècle pour construire Notre-Dame ! certes sans éléphants….

Nous traînons en plein cagnard sur les terrasses…

… et finissons vers 15h dans un restau à l’air conditionné… On est debout depuis 4h30…

Un petit tour dans la forêt autour de Benteay Kdei avant de rentrer…

dsc_0100

dsc_0099

Encore une journée de sueur avec les 35° à l’ombre, heureusement qu’on est venu en plein hiver….

Angkor (encore)

Deuxième jour : campagne cambodgienne, Benteay Srei (à 20km de Siem Reap) et l’après midi au musée national d’Angkor  (sans photo)

 

Tout ça avec  Mr Meng notre sympathique chauffeur de tuk-tuk toujours plein de bons conseils et de propositions intéressantes.

dsc_0113

 

Benteay Srei le temple préféré de Malraux qui prit deux ans de taule pour l’avoir pillé nuitament… avant d’être ministre de la culture !

Le temple est une pure merveille de délicatesse dans les sculptures et nous a beaucoup impressionnés.

dsc_0809dsc_0783

 

Nous passons l’après-midi au frais au Angkor National Muséum.

Siem Reap, le musée

Le site officiel du musée

 

Angkor

Après un vol sans histoire de Luang Prabang jusqu’à Siem Reap, nous choisissons un hôtel magnifique fait de bungalows luxueux et de belles tailles, avec piscines individuelles, joliment espacés autour d’un étang de lotus… Un accueil chaleureux et nous organisons le séjour en nous délassant dans notre piscine…

dsc_0486

165262_16110315440048394113

—–

Premier jour : le grand circuit pour se donner une vision globale de ce site immense, « cette basilique fantôme,  immense et imprécise, ensevelie sous la forêt tropicale » (Pierre Loti), pour y entendre « cette musique sculptée qui nous révèle,  après 10 siècles,  le rythme lent et ondoyant des Apasaras » (Élie Faure)…

D’abord le Preah Khan,

Puis le Neak Pean au milieu d’un gigantesque ouvrage hydraulique comme il y en a plusieurs sur le site (construits à l’époque ! ) desservis par un immense réseau de canaux inventif, tant pour gérer les crues que pour assurer l’alimentation en eau des temples, palais,  villes et jardins. Tout a été aménagé à l’époque, et est visible d’avion.

20170208_074047

Puis le Ta Som, avec sa tour à visages et sa porte Est emprisonnée par un banian.

20170208_084410

On traversera le grand réservoir  Baray oriental

dsc_0572

Et iront au Mebon oriental, puis au clou de la journée : Ta Phrom surtout connu pour le tournage du film Tomb Raider avec Angelina Joli. Ambiance tres spéciale avec le soleil déclinant et tous ces arbres ! Nous avons adoré !

dsc_0586

Enfin coucher de soleil sur le Pre Rup, un des plus anciens tout en briques.

dsc_0677dsc_0691

Ce grand lac est en fait une piscine, conçue par un des rois khmers les plus mégalos… et une réserve d’eau pour la saison sèche.

Luang Prabang (suite)

Dernière journée à Luang Prabang, promenade de l’autre côté de la rivière…

…vers des villages de niveau sociaux différents : de belles maisons…

…et des villages plus populaires…

…où nous arrivons à la sortie de l’école où des enfants joyeux et dynamiques gloussent après nous avoir dit « hello », ou « sabaïdi ».

Et retour vers Luang Prabang par un autre pont de bambou.

20170204_150545

 

Flâner dans les rues entre les maisons coloniales et tester le jus de rosella (de la famille des hibiscus) à la citronelle.

 

Puis flâner dans les quartiers sud très populaires où les belles maisons côtoient les cases les plus vétustes et dessinent un tissus urbain bigarré où la mixité sociale semble facile (d’ailleurs au Laos tout semble facile).

Une mention particulière pour la pétanque dont les laotiens se demandent encore pourquoi ce n’est pas eux qui l’ont inventée… et pour les seuls flics que l’on ait croisés en 4 jours et qui prennent le café en short devant le panneau « The police office is at your service » !

dsc_0404

 

Nous passerons un moment magique sur le bord du Mékong avec toute une population qui joue sur la bande de sable, certains pêchent, lavent leur moto, taillent la bavette… Mais tout le monde est tranquille, serein, apaisé… en harmonie avec les couleurs pastelles du couchant ! Un vrai moment d’éternité dans l’instant !

dsc_0442

dsc_0410

« Les soleils couchants revêtent les champs, les canaux, la ville entière,  d’hyacinthe et d’or ; le monde s’endort dans une chaude lumière.  »

Puis on s’offre un menu dégustation végétarien dans un restau haut de gamme tout en finesse delicate (merci Lili pour l’adresse, l’hôtel était complet, mais le restau valait le déplacement). Le lieu est magique et mystérieux, un petit paradis blotti autour de ses étangs, après les rues bruyantes et poussiéreuses.

 

Au revoir Laos, la visite était trop courte, nous reviendrons pour la douceur de vivre, la sérénité, la paix générale et le rire facile des laotiens rencontrés.

Luang Prabang

Luang Prabang s’étend sur une langue de terre au confluent du Mékong et de la rivière Nam Khan. A environ 600 m d’altitude l’air y est frais le soir (17-18° la nuit), écrasant de chaleur en journée (32° au soleil) et brumeux au lever du jour jusque vers 10h.

Peu de bâtiments modernes, de beaux restes de l’époque coloniale, et rien en hauteur. Une ville horizontale où il fait bon traîner dans les rues aux belles maisons et aux arbres colorés omniprésents. La ville est toute entière classée au patrimoine mondial.

dsc_0109dsc_0105

Le Wat Xieng Thong construit en 1560, est le plus riche temple de la ville car protégé par la royauté. Plusieurs chapelles dont celle du Bouddha sacré sorti en procession au nouvel an et celle du char funéraire du roi Sisavang Vont, celui de l’indépendance du Laos en 1953, mort en 1959.

dsc_0131

dsc_0146

 

Flâner dans les rues et sur les berges du Mékong…. On se débrouille très bien avec un vocabulaire limité : « sabaïdi » pour bonjour et « kop tchaï » pour merci et surtout de grands sourires.

 

De nombreux temples un peu partout et des moines qui vaquent dans la ville… Beaucoup sont très jeunes (à partir de 8ans) car il est normal que chacun porte la robe quelques années durant sa vie. Les plus jeunes bénéficient ainsi d’une scolarité qu’ils n’auraient sans doute pas dans les villages, et comme me dit le réceptionniste de l’hôtel « Comme ça ils ont le Bouddha dans le coeur, tourné vers la bonté »

 

Des petits restaus simples, moitié prix que l’ensemble des restaurants (excellents au demeurant !)

Le Wat Sirimoungkhoun Sayaram …

 

Toujours flâner dans les rues et constater la présence de baguettes de pain, de croissants et même de charcuteries !

 

Le temple qui abrite le Bouddha d’or dans l’enceinte de l’ancien palais royal construit en 1904 sous protectorat français et transformé en musée. Le Bouddha d’or est plus important que le palais royal car le pays tout entier est placé sous sa protection. Étrange musée vieillot et assez mal tenu qui rappelle qu’on est bien en pays communiste.

 

Ce n’est pas la rue de la soif, mais celle de la faim. Étroite nous passons juste entre les étals colorés de mets de toutes sortes. Rue des odeurs, des saveurs, du bruit où se bousculent les touristes à l’heure du dîner. Buffet, oú chacun rempli soi-même son assiette pour 1,5€… Des tables sommaires recouverte de toile cirée attendent les affamés.

 

Les couleurs du coucher me ravissent, la lune qui sourit m’étonne,  elle a changé de sens. Que c’est beau, je m’émerveille.

dsc_0219

 

Le matin, au lever du jour vers 6h, le Tak Bat, l’aumône des moines qui mendient chaque jour leur repas conformément aux règles monastiques élaborées par le Bouddha lui même. Les flashs des photographes ne font pas partie du rituel…

 

Ensuite nous profitons de la brume et de l’heure matinales pour nous taper les 400 marches qui mènent au sommet du mont Phousi afin d’embrasser toute la région du regard et de découvrir progressivement les collines verdoyantes et les montagnes couvertes de forêts tropicales qui forment l’écrin de la ville.

Nous prenons une petite frayeur avec ce serpent sur l’arbre où s’appuyait notre banc… puis une bonne rigolade avec l’empreinte de pied (chausse du 95 ! ) du Bouddha qui n’est jamais venu au Laos (le bouddhisme y a été introduit entre le XIVè et le XVIIè) et les statues un peu naïves notamment ce gros Bouddha qui louche…

 

Le petit musée d’ethnologie consacré aux ethnies du nord (Hmong,  Akha, Tai Lue et Khamu) est très bien fait et passionnant : http://taeclaos.org/ . Nous apprenons beaucoup sur l’origine de chacun de ces peuples, leur habitat, leurs modes de subsistance et leurs compétences spécifiques chacun dans un domaine artisanal.

 

Puis flâner en ville (encore), boire une bière locale à l’ombre, se finir au Night Market qui occupe chaque soir la rue principale, marchander les prix, galèrer avec les grosses coupures (1€ = 10 000 kips, donc on retire 1 million au distributeur ! ), faire attention où on met les pieds à cause des trous dans les trottoirs, ne pas pester contre les énormes tas de fils électriques qui balafrent les photos, se lamenter des déchets qui traînent partout, de l’usage immodéré des sacs plastiques et du manque de soin des laotiens pour leur environnement , ne pas se faire piétiner par les chinois qui ont envahit la ville et fait multiplier les tarifs (l’hôtel à 15$, vend ses chambres 100$ cette semaine de nouvel an chinois et tout est complet partout, heureusement qu’on avait réservé), … et plein de détails qui font de cette étape une expérience très différente de la Thaïlande.

dsc_0309

dsc_0320

Putain j’ai choppé la crève… journée du 2/2 dans le coltard au lieu de louer une moto… et en plus je suis chiant… Mais au moins le blog est à jour ! A suivre ! On a un avion pour Siem Reap (Angkor) samedi… Bises à tous.

dsc_0223

Croisière sur le Mékong (J3)

Lors de notre départ à 8h, la brume nappe la vallée du Mékong d’un voile que le soleil mettra 2h à dissiper.

Les vignettes de photos qui isolent un morceau du paysage ne rendent pas la majesté des lieux et la complétude de la perception sur 360 degrés : depuis ce bateau, c’est beau partout où qu’on tourne la tête. Pas un fils électrique. Comme si nous étions revenu au temps d’avant l’ère industrielle. La vraie nature retrouvée.

Le Mékong se montre tour à tour étroit, puissant, désert, cisaillé de paravents de rocs noirs, de feuilletage de schistes et de récifs en socs de charrue.

Cette clôture souple et solide est réalisée en bambou, et, comme vu hier avec les cornacs, font penser aux rêves d’autosuffisance. C’est le pays des boeufs à la plage au bronzage chocolat. Que mangent-ils, il n’y a pas un brin d’herbe sur la sable ? Tous ces ocres, ces marrons, ces jaunes brillent au milieu de cette mer de verdure.

dsc_106720170201_22342520170201_224130

Nous nous arrêtons pour visiter un village,

dsc_0015mais nous faisons partie des 4 ou 5 personnes qui trouvent cette attitude intrusive  et restons à bord à discuter et faire connaissance avec ces passagers, notamment un couple du Grau d’Agde. Les gamins du village viennent mendier avec quelques bracelets fantaisie… puis repartent à leurs jeux. La femme du capitaine retrouve quelques copines…

dsc_0020

« La nature est un temple où de vivants piliers, laissent parfois sortir de confuses paroles ;

« L’homme y passe au milieu de forêts de symboles qui l’observent avec des regards familiers.

« Comme de longs échos qui de loin se confondent dans une ténébreuse et profonde unité,

« Vaste comme la nuit et comme la clarté, les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

dsc_0029

Au confluent avec le Nam Ou, les montagnes karstiques aux falaises abruptes entrent en correspondance avec les images enfouies que nous avons de l’Asie (d’où la citation au-dessus).

…nous faisons escale aux grottes de Pak Ou, amoncellement de statues sans beauté, dans un environnement sale et mal entretenu qui tranche avec la qualité d’ordre et de soin observée en Thaïlande. Le flot des touristes qui n’y est ordinairement peu enclin, ne risque pas de faire preuve de respect… (oui, les photos sont cadrées avec beaucoup de patience, en fait ça grouille de monde ! ). Lieu sans intérêt si ce n’est les deux marques signalant la hauteur des crues de 1966 et 2008, au moins 15 mètres au-dessus du niveau actuel. Et le cadre des falaises karstiques…

Puis achevons les derniers kilomètres avant Luang Prabang en zone plus habitée, au milieu des récifs signalés par des balises en béton. Ces derniers km sont absolument magnifiques, féeriques.

Quelle croisière magnifique ! Un véritable retour aux sources. La Nature à l’état pur.